dimanche 5 mai 2013

Les coulisses de la libération de Jerusalem...



7 juin 1967. La bataille de Jérusalem a commencé. L’armée des enfants d’Israël livre toutes ses forces pour libérer la ville de David, pour réaliser enfin le rêve millénaire « Lé chana Haba bi yérouchalaïm ». L’opposition de la Légion jordanienne est farouche car, on le sait, perdre Jérusalem, c’est perdre la guerre. 

Mais les prières de tout un peuple, de tous les coins de la terre, « belev ehad, keich ehad » déchirent les cieux. D. attendait cet appel pour intervenir directement. Il donne aussitôt l’ordre aux Anges de prêter leurs ailes aux parachutistes pour qu’il s’envolent vers la montagne du temple, le Har Habaït, vers le Kotel, vers la victoire.

La bataille redoutée s'engage sur la colline des munitions. Elle est terrible, c’est la bataille décisive pour la libération de Jérusalem. Les parachutistes progressent mètre par mètre.

Alors, les Anges Michaël et Gabriel se présentent devant le trône céleste.
Maître du monde, tes enfants sont sur le point de reconquérir le lieu de ta résidence. Mais par où vont-ils entrer ? Quelle est la porte de la muraille qui aura l’honneur de les accueillir ?
- Cette question mérite d’être débattue. Convoquez les portes, je veux les entendre dit D. Les Anges s’envolent aussitôt autour des murailles pour ordonner à chaque porte de se présenter devant le Maître du Monde.

L’Ange Gabriel s’adresse à la PORTE DE JAFFA :
- Qu’as-tu à dire ?
- Maître du monde, je suis la porte de l’Occident qui regarde la mer. Par moi sont entrés depuis des siècles tous les Grands de ce monde. On a même modifié ma forme pour permettre à un Empereur prétentieux de rentrer majestueu-sement sur son char. D’autres, qui ont aussi conquis ta ville sont entrés modestement à pied mais c’est entre mes poteaux qu’ils ont tenu à passer. Et, j’ai assez souffert de tous ces conquérants qui ont profané Ton nom. Maintenant que ce sont tes enfants qui reviennent, n’est-il pas juste qu’enfin je les reçoive.
L’Ange Gabriel notait chacun des mots de la plaidoirie de la Porte de Jaffa et tous les Anges s’exclament :
- Elle a dit vrai !

Alors la PORTE DE SHECHEM se dresse de tous ses piliers et déclare :
- C’est de moi que démarre le chemin qui mène à Shechem (Naplouse). Là bas se tiennent les monts Guérizim et Ebal où les enfants d’Israël ont entendu – en entrant avec Josué – les bénédictions et les malédictions. Les malédictions se sont toutes réalisées. Maintenant que nous voyons la réalisation des bénédictions, n’est-il pas juste que ce soit entre mes pierres majestueuses qu’ils entrent car c’est uniquement pour cela qu’on m’a donné cette splendeur.
Tous écoutaient attentivement et s’exclament : 
- Elle a dit vrai !

La parole est alors donné à la PORTE DE TSION.
- Maître du Monde, je porte le nom de ta ville : TSION et comme l’a dit ton Prophète : « c’est de Tsion que sortira la Thora ». Du haut des cieux, dirige les yeux vers moi et regarde-moi. Je suis écorchée, meurtrie, criblée par les balles. Et je suis dans cet état depuis 19 ans. Quand tu as voulu rendre la terre d’Israël à tes enfants, n’est-ce pas par moi que sont entrés tes soldats en 1948.
La porte parlait et les Anges pleuraient et détournaient leur face pour ne point voir ces souffrances. Ils s’exclament : 
- Elle a dit vrai !

En entendant ces paroles, la PORTE DES IMMONDICES tréssaille.
- Maître du Monde, regarde. Je suis devant toi humiliée et dégradée. Depuis des siècles, je vois passer des tonnes d’ordures qui ont été ensuite déversées au pied de ta demeure. Je me consolais en me disant : préférables sont les ordures de Jérusalem à tous les joyaux des autres villes. Mais, n’est-ce pas le moment où tu dois réaliser les louanges que t’adressait David : « Qui est comme toi l’Eternel qui redresse l’humble couché dans la poussière ? ». En plus, je suis la seule qui veille depuis toujours sur le Kotel.
J’en porte témoignage, se permet de surenchérir le Kotel.
Et les Anges s’exclament, encore une fois :
- Elle a dit vrai !

La PORTE DE FLEURS qui avait incliné ses piliers pour mieux écouter, sursaute :
- Comment, les enfants d’Israël entreraient par la porte des immondices ? Que D. nous en préserve ! C’est par moi qu’ils doivent entrer ! Je cueillerai mes fleurs pour déposer sur chacun d’eux une couronne lorsqu’il franchira ma porte. Ne sont-il pas tous des rois !
Les Anges émus et de plus en plus embarrassés s’exclament : 
- Elle a dit vrai !

Mais aussitôt, une protestation se fit entendre dans le ciel et les Anges voit se lever MOCHE Ben Amram, Moché Rabbenou :
- Jusqu’à quand allez-vous poursuivre ces discussions. Mes enfants se font tuer sur la colline, devant la muraille, et vous continuer à débattre pour savoir par quelle porte ils doivent entrer. Vous êtes un tribunal cruel !
Le Garde céleste tente de le faire taire mais Moshe continue :
- Je ne veux pas vous obéir !
- Moshé ! grondent les Anges, n’oublie pas à Qui tu t’adresses !
D. intervient directement :
- Laissez-le, laissez-le, j’ai l’habitude avec Moshe. Il ne cessera pas avant d’avoir obtenu gain de cause. Et, c’est pour cela que je l’aime tant !
- D. Eternel, accorde Ta miséricorde et laisse-les entrer vite, tout de suite, conclut Moshe.

A ce mot, la PORTE DE LA MISERICORDE ne peux se contenir et essaye de crier mais le son de sa voix est étouffé par sa double porte murée :
- N’est-ce pas par un acte de pure miséricorde que tu vas rendre la ville de David à tes enfants aujourd’hui ? N’est-ce pas par moi que doit entrer ton Messie, le Libérateur ? Les soldats d’Israël ne sont-ils pas les libérateurs que nous attendons depuis 2000 ans ? N’est-il pas temps de rouvrir ma porte ?
Les Anges de plus en plus confus s’exclament : 
- Elle a dit vrai !

Soudain, l'ange Michaël bondit devant l’Eternel et s’écrie :
- La nuit touche à sa fin et le soleil refuse de se lever. Il craint que ses rayons viennent aveugler les soldats d’Israël et retardent leur progression vers la délivrance. Alors, D. dit à Michaël :
- Va, rappelle-lui que depuis la conquête par Josué je n’ai plus modifié la course du soleil. Ordonne-lui de se lever, frappe-le s’il le faut mais qu’il sorte de son fourreau, c’est l’heure !
Alors, à contrecœur, le soleil se lève, cherchant désespérément un petit nuage pour se cacher.
Mais c’était une belle journée de juin et le ciel était d’un azur limpide. Le soleil ne savait pas encore qu’il allait éclairer une des plus belles journées de l’histoire du peuple d’Israël, ce mercredi 28 Yiar 5727.

Maintenant, D. S’impatiente car l’heure qu’Il a fixé pour la libération approche. Il fait jaillir une langue de feu qu’il dirige vers la dernière porte et ordonne Lui-même :

Parle, PORTE DES LIONS, qu’as-tu à dire ?

La Porte se recroqueville en gémissant et reste silencieuse.
- Qu’est-ce qui te prend ? Obéis et parle vite ! Le temps presse maintenant !
Alors, la Porte des Lions commence à parler avec une voix plein de sanglots :
Ribono chel Olam, je vois en face de moi tous ces parachutistes depuis des heures, sur la colline des munitions. Ils se battent héroïquement, ils souffrent et le sang coule depuis trop longtemps. J’ai vu Eytan. Si jeune et en un éclair il s’est porté volontaire. Je l’ai vu jaillir de son abri, courir à découvert au milieu des tranchées. Il a réussi à neutraliser la barrière ennemie qui bloquait le passage. Il a ouvert la voie à ses camarades pour libérer Jérusalem. Mais je l’ai vu tombé, atteint par une balle. Lui, il ne passera par aucune porte. Alors, Maître du monde fais-les entrer par n’importe quelle porte mais qu’ils entrent vite, très vite, tout de suite. Je ne peux plus supporter de les voir souffrir comme ça !

En entendant cette plainte, l’Eternel déclare :
- Porte des Lions, tu sacrifies la gloire de ton nom pour épargner mes enfants. A l’image de leurs ancêtres, mes enfants se battent comme des Lions. Je décrète que c’est par toi que mes soldats commenceront la libération de Jérusalem !

Quelques instants plus tard, les soldats de l’armée d’Israël franchissent la Porte des Lions marchant derrière l’Eternel qui ordonne :

Suivez-moi ! Aujourd’hui, le Mont du Temple, le Har Habaït, sera entre vos mains et je veux qu’on entende le son du Chofar monter de Jérusalem  et déchirer les cieux.

Et nous avons vu et nous avons entendu…

Claude SEBBAN
(d’après un texte du Président Itzhak Navon)


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